07/09/2013 - Triathlon XL de Gérardmer
Conditions
Après un premier triathlon réussi à Paris en juillet 2012 en distance olympique (1500 m de natation, 40 km de vélo et 10 km à pied), j’ai vite décidé de passer aux choses sérieuses, en choisissant assez naturellement le triathlon XL de Gérardmer, un des préférés des triathlètes et se déroulant près de chez mes parents, ce qui facilitait la logistique et me permettait d’avoir des supporters ! Dès la rentrée 2012, je m’étais inscrit à un club de triathlon parisien, pour progresser notamment en natation qui est clairement mon point faible, mais pour diverses raisons, mon entraînement en 2013 a été nettement moins important que fin 2012… Gardant mon objectif en tête, je me suis tout de même inscrit, même si je l’ai regretté plusieurs fois par la suite, quand j’écoutais mes « collègues » et leurs 10 ou 12 entraînements hebdomadaires ou que je peinais en faisant 40 km de vélo sur le plat… Pour précision ou rappel, le triathlon XL de Gérardmer est constitué de 1900 m de natation, 94 km de vélo avec 9 côtes et un semi-marathon pour terminer. Autant dire que si je maîtrise les 21 km à pied en temps normal, j’avais quelques appréhensions sur mon état en chaussant mes baskets après la solide partie cycliste. Bien évidemment, je n’avais tout de même pas l’intention de renoncer, ayant pour seules ambitions de voir l’arrivée et de me faire plaisir.
Dernières péripéties
Je passe directement au jeudi 5 septembre, jour de mon arrivée chez mes parents à Remiremont avec ma chérie. En vue des derniers préparatifs (retrait du dossard, dépôt du vélo), je fis un dernier tour sur le site en début de soirée et regarde par hasard la liste des inscrits… et n’y vis pas mon nom ! Je recherchai alors une confirmation d’inscription dans mes mails ou de paiement dans mes relevés de compte… et ne trouvai rien non plus. Ayant procédé à l’inscription en début d’année et me souvenant l’avoir fait assez rapidement, je n’avais pas remarqué qu’il y avait eu un problème. Prévoyant d’appeler le vendredi matin pour éviter de se déplacer pour rien, j’étais alors quasiment sûr à ce moment-là que je ne pourrai pas participer, les inscriptions étant closes depuis très longtemps, et je naviguai entre déception de ne pas prendre le départ à cet événement prévu depuis plus d’un an et soulagement de ne pas avoir à m’infliger ces souffrances avec un entraînement que je savais très insuffisant. Cela eut tout de même le mérite de me faire passer une meilleure nuit en me libérant de la pression inhérente à la compétition, fut-elle sans enjeu.
J-1
Le vendredi matin, j’appelai donc l’organisation gérômoise, et ma correspondante me signala alors que mon dossier existait bien, mais que je n’avais pas effectué le règlement… Je ne saurai jamais si un problème technique ou un coup de mon subconscient était à l’origine de cette anomalie, mais à ma grande surprise, j’appris que je pouvais toujours valider mon inscription, à la seule condition évidemment de m’acquitter des frais. Avec des sentiments encore mitigés, je répondis que je souhaitais participer, et la pression remonta alors progressivement… merci à celle qui a continué à me supporter et à m’accompagner partout jusqu’au départ ! Après un dernier petit tour à vélo et une petite ascension au-dessus de Remiremont, plus pour me mettre en condition que réellement m’entraîner (à moins de 24h du départ, les dés étaient jetés !), nous partîmes donc pour Gérardmer, et le retrait du dossard se passa étonnamment bien compte-tenu de l’irrégularité de mon inscription, et le seul accroc fut pour déposer le vélo dans le parc fermé, où il fallait absolument un casque (pour circuler à pied… il y a des aspects du règlement que je ne comprendrai jamais !). Heureusement, j’ai pu en emprunter un à un autre participant, et le « vigile », même en sachant pertinemment que ce n’était pas mon casque et que je ne l’aurai pas le lendemain pour la course, n’eut plus rien à redire. Ces dernières formalités accomplies, nous pûmes nous jeter dans les eaux du lac, plutôt fraîches mais accessibles après avoir goûté à celles de la Manche dans les jours et semaines précédents ! Là encore, ce ne fut pas vraiment un entraînement mais cela me permit de m’acclimater… et de voir que j’étais le seul en maillot de bain, les autres concurrents nous ayant imités étant tous en combinaison intégrale ! Pour la course, j’avais tout de même une combinaison tri-fonction (tenue de vélo permettant de nager et de courir), mais qui n’avait vraiment rien à voir avec les leurs… Mais dans tous les cas, ce n’est pas une combinaison qui aurait pu me faire rivaliser avec les meilleurs et j’acceptai sans problème de me faire distancer dès la natation !
A l'eau!
Après une petite cure de féculents et une nuit de sommeil nettement meilleure que prévue pour une veille de compétition, le départ approcha et, malgré l’absence de pression du résultat, la tension commença à monter. J’avais en fait deux appréhensions principales, toutes deux concernant le vélo, à savoir les crevaisons et la pluie. Le souvenir de ma chute sur le plat lors de mon précédent triathlon était encore présent, et je ne souhaitais donc pas réitérer l’expérience dans une descente de col ! Après un dernier plouf, me voici prêt à partir, au milieu du peloton mais bien décidé à éviter les coups, n’étant pas à quelques secondes, ni même à quelques minutes près. Je partis en crawl pour me dégager de la masse, mais décidai vite de passer en brasse, étant aussi rapide voire plus sur une longue distance. D’ailleurs, même si de nombreux concurrents s’envolent devant moi, il en restait toujours pas mal d’autres autour avec un rythme équivalent au mien, que ce soit en brasse, en crawl ou en alternant les deux nages. Je constatai parfois avec amusement que certains ont du mal à avancer droit en crawl… ce qui me donnait une raison de plus de continuer en brasse en gardant les bouées en vue ! A part quelques contacts avec des concurrents pressés ou maladroits et des petits problèmes d’ajustement de lunettes, le parcours de natation fut sans histoire et je terminai comme prévu aux alentours de 45 minutes (oui, les meilleurs mettent 22 minutes, et alors ?).
A bicyclette...
Après avoir enfilé chaussettes, chaussures et casque, sans oublier bien sûr mon T-shirt du Défi du Mékong, c’était parti pour 94 km de vélo, et je fus rapidement dans le vif du sujet puisqu’après 2 km à peine, la route commença à s’élever, pour la plus courte des bosses mais aussi la plus pentue, et je me demandai déjà comment j’allais enchaîner les difficultés. Je parvins quand même en haut sans problème heureusement, et pris de la vitesse dans la descente mais en restant prudent même si la route était sèche. J’arrivai ensuite sur la plus longue portion de plat… qui ne l’était pas vraiment, avant d’entamer le deuxième col, le plus long, et le plus traître aussi, puisqu’il restait 500 m de montée après avoir passé le col ! Le ravitaillement fut alors bienvenu, et sentant que les forces commençant déjà à s’amenuiser, je pris avec précautions gels et barres énergétiques ainsi que de l’eau vitaminée elle aussi. Etant parti avec 2 gourdes pleines d’eau nature, je ne tardais d’ailleurs pas à me séparer d’une pour garder de l’eau sucrée en stock. Placés en haut de chaque cote, les ravitaillements étaient idéalement placés car il n’était pas nécessaire de mettre pied à terre pour prendre ce qu’il nous fallait, et l’effort fourni juste avant est un rappel implacable qu’il faut bien s’alimenter. A la fin du premier tour, terminé en 1h15 environ et dans les temps que j’avais anticipé, j’eus quelques doutes sur mes capacités à tenir les trois boucles, mais n’avais pas d’autre choix que de continuer pour vérifier, n’ayant de toute manière aucune intention de baisser le rythme, celui-ci étant déjà relativement lent. Celui du leader, en revanche, était très rapide, puisqu’il commençait déjà son troisième tour à ce moment-là ! Malgré le peu de cas que je faisais de me faire prendre un tour, cette deuxième rotation se révélera la plus difficile, d’autant que je dus effectuer deux arrêts, l’un pour remettre mon dossard qui menaçait de s’échapper, l’autre pour satisfaire des besoins naturels, qui s’imposait avec encore plus de trois heures de course à parcourir. Les premières douleurs apparurent à l’avant des cuisses et je me demandai alors comment j’allais pouvoir enchaîner avec 21 km de course ! La fin du tour fut également décevante car je ne bénéficiai pas du soutien familial attendu (il s’avéra que j’étais allé un tout petit peu trop vite !). Des gouttes de pluie firent également leur apparition, m’obligeant à redoubler de prudence, mais sans me faire de frayeur. A l’orée du troisième tour, j’étais désormais bien en jambes, même si celles-ci commençaient à se faire vraiment sentir et que je me mettais de plus ou plus souvent en danseuses pour soulager certains muscles. Malgré tout, le moral était à la hausse puisque mon rythme dans les montées était plus rapide que la plupart des concurrents autour de moi, me donnant parfois l’impression d’être un favori en étape de montagne qui revenait sur les derniers échappés, toutes proportions gardées évidemment… En fin d’ascension du premier col, je savais désormais que sauf incident, je terminerais la partie vélo dans de bonnes conditions et étais assez confiant pour la course à pied… Le deuxième col se passa comme le premier, je dépassais en montant en profitant de mon gabarit et me faisais déposer dans les descentes par les plus lourds et/ou plus audacieux. Le dernier col arriva comme une délivrance, et à la fin de la descente qui sépare les deux moitiés de l’ascension, je pus enfin profiter des encouragements de mes supporters, prêts à partir après avoir longuement attendu (et pour cause en arrivant juste après mon deuxième passage) mais bien présents ! Gavé par les précédents ravitaillements, je zappai le dernier, ne pouvant plus rien avaler, et me préparai déjà à mettre mes baskets…
Run, Forrest, Run
La descente du vélo fut un plaisir après plus de quatre heures sur la selle, et contrairement à la première fois et à une impression assez répandue, je n’avais pas les jambes lourdes, et même au contraire, elles avaient envie de courir pour se défouler un peu. Je démarrai d’ailleurs très vite sans le faire exprès, à près de 15 km/h sur les premiers hectomètres. Le parcours légèrement vallonné me ramena à la raison, et la moyenne baissa à chaque ravitaillement car si je ne pouvais plus rien manger, il me fallait bien boire, ce qui est assez délicat en courant avec des verres… Le retour le long du lac, moins agréable aux niveaux des conditions puisque les voitures passaient à côté, était tout de même très appréciable car en faux plat descendant, afin d’arriver en pleine forme (ou presque) au niveau de l’arrivée… mais sans se réjouir trop vite car il restait deux tours à effectuer ! Même largement en-deçà de mes capacités avec tous ces kilomètres dans les jambes, j’ai passé la majeure partie de mon temps à dépasser des concurrents eux aussi bien diminués, même si pour beaucoup, je ne faisais que me "dédoubler" par rapport à des triathlètes ayant couru un ou deux tours de plus que moi ! La première féminine en terminait d’ailleurs en cinq heures juste au moment où je commençais à courir ! Au début du troisième tour, mes supporters officiels étaient placés stratégiquement pour me donner l’énergie nécessaire pour terminer, mais je n’étais pas tout à fait au bout de mes peines puisqu’à 5 km du but, une grosse averse s’abattit sur le parcours, et je dus m’arrêter trois fois pour refaire mes lacets dont les nœuds n’avaient pas survécu à l’eau… Mais je repartis de plus belle à chaque fois, et après avoir tapé dans les mains familiales et fait un rapide bisou à ma chérie, je parvenais à terminer au sprint, pour gagner quelques futiles secondes mais surtout me convaincre que je terminais dans de bonnes conditions… Rétrospectivement, la course à pied me parut même une formalité assez rapide, même si je n’avais jamais couru aussi peu vite depuis mes "débuts" sur le Paris-Versailles voici 6 ans.
Epilogue
Après 6h45 douche comprise, j’en avais donc terminé avec ce premier triathlon XL, en ayant souffert mais avec l’intense satisfaction d’être arrivé au bout sans vrai problème et encore en forme, même si le massage d’une heure qui a suivi et la découverte des thermes de Plombières-les-Bains le dimanche matin furent très appréciés par mes jambes.
La suite ? Une récupération active dans les Alpes avec 5 jours d’alpinisme… relatés dans le prochain numéro…
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Après les blogs, je me suis attaqué à une tâche plus ambitieuse, l'écriture d'un roman intitulé D'Îles en Elles!
Mes efforts sont récompensés puisqu'à partir du 12 septembre 2015, vous pourrez voir ce que cache ce fil rouge! Pour dénouer les liens de mes aventures parfois rocambolesques, il suffit de cliquer sur celui-ci... Et peut-être pourrez-vous lire quelques lignes à propos d'Enfants du Mékong...
Si mon blog mon plaît, je vous propose donc de découvrir mes premières pages de fiction!
"Avide d'aventures, Franck, 30 ans, veut prendre sa vie en main et y mettre de l'action. Et il va être servi.
Dans des contrées plus ou moins lointaines, de la Réunion à Paris en faisant un petit tour par Lyon, avant que l'histoire ne nous emmène dans ce pays si mystérieux qu'est l'Islande...
Il ne va pas être au bout de ses surprises, et va se retrouver pourchassé par d'énigmatiques bandits.
Dans ce tourbillon infernal, s'en sortira-t-il et parviendra-t-il à son but?"
Franck ZEUD
PS Si vous souhaitez une dédicace, je vous invite à laisser un commentaire ici afin que je puisse l'intégrer!