Trail des Forts 2014 - Besançon
Après le Marathon de Paris, le Trail des Forts était la deuxième partie de mon Défi du Mékong de ce deuxième trimestre 2014.
La course aurait pu être placée sous le signe du F, ma lettre fétiche, François à l'assaut des forts... Mais il m'est impossible d'occulter le B, omniprésent. Des bosses, des bidons, des boissons et des bulles, des bobos, des beaux paysages, des bourdes, du bazar, des barbes, de la bagarre, des bisontin(e)s, des bravos, des branches, des bêtes, des bananes, du bronze, des bisous, des bourrasques, (un coup de) barre et des barres énergétiques, et surtout des bois et de la boue, mais avant tout beaucoup de bonheur à Besançon!
Des bosses
On ne voit que ça sur le profil du parcours! Ça monte, ça descend, ça remonte, ça redescend... Au total, j'ai vu défiler pendant les 47 km plus de 2000 m de dénivelés positifs et autant de négatifs. Les montées sont souvent dures, mais paradoxalement peu sélectives en elles-mêmes, puisque tout le monde marche dès que la pente est trop forte. Et la limite de tolérance en courant diminue au fil des kilomètres... Pour ma part, j'ai couru le plus loin possible dans la première difficulté, avant d'être contraint de marcher comme tout le monde, par la raideur de la côte mais aussi et surtout par l'impossibilité de passer! Inconscience de ma part, complexe de supériorité par rapport à mes collègues de fin de peloton au départ? Je me suis posé la question en déposant des centaines de coureurs en début de course, mais il s'est avéré que j'avais pris la bonne décision puisque j'ai rejoint vers le vingtième kilomètre un groupe de coureurs qui avait le même rythme... en moyenne, puisque j'étais plutôt plus rapide en montée, compensant mon absence d'expérience par les nombreuses côtes avalées à l'entraînement et mon expérience de la marche en montagne, mais je perdais l'avantage dans les descentes, où mon manque d'habitude et le caractère inadapté de mes baskets se faisaient cruellement sentir. Ces deux points furent particulièrement mis en exergue après l'averse et l'apparition de la boue qui s'en suivit, mais j'aurai l'occasion d'y revenir plus tard.
Mon départ relativement rapide m'a également permis d'avoir affaire à cette fameuse boue plus tard qu'une bonne partie des coureurs! D'ailleurs, les premiers, eux, ont adopté le rythme qu'il fallait, celui qui permettait d'arriver avant que les conditions ne se dégradent. Mais évidemment, même en partant en première ligne, il aurait été illusoire de les suivre, sauf peut-être sur la portion initiale sur route en profitant de mes qualités de marathonien.
Bref, je n'ai aucun regret quant à la vitesse adoptée dans les premières bosses, c'est plus tard que j'ai commis des bourdes...
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Premières montées, premières descentes, tout va bien...
Boissons : des bulles et des bidons
Je le savais avant le départ, la boisson préférée des trailers, c'est tout simplement le Coca. Si cela peut paraître bizarre à première vue, les bulles n'handicapent aucunement pour courir à vitesse modérée, et c'est certainement la façon la plus efficace et la plus économique d'ingurgiter une quantité importante de sucres rapides. A moins d'être de maîtriser l'art de l'auto-dérision, évitez de demander du Light ou du Zéro aux ravitaillements! Ceux-ci sont au nombre de 3, au kilomètres 13, 26 et 38, et étant féru de la boisson américaine, je ne me suis pas privé d'en boire plusieurs verres à chaque arrêt. Dans le mini sac que je portais sur le dos, je m'étais en revanche contenté d'eau, et je faisais le plein à chaque stop. Enfin, sauf au 2e où je pensais qu'il m'en restait suffisamment...
Des bobos
Avant le départ, je m'attendais à avoir mal aux jambes à un moment ou à un autre, mais c'est d'autres maux dont je fus victime. Tout commença au kilomètre 15. J'avais escamoté les 2 premières côtes avec aisance, je sortais quasiment du ravitaillement que j'avais pris bien consciencieusement, et j'abordais donc la 2e descente en pleine confiance. Peut-être même trop de confiance, puisqu'en approchant d'un rocher formant une grosse marche au milieu de l'étroit chemin, je trébuchai, sur un caillou ou une souche, je ne le saurai probablement jamais. Pendant quelques instants, je me suis vu m'affaler sur le rocher ou faire un vol plané derrière et terminer ma course là, mais par je ne sais quel réflexe, je parvins à garder l'équilibre, percutant simplement le mur de pierre latéralement, ce qui ne manqua pas de m'égratigner la cuisse, le bras et la main, mais heureusement superficiellement. Les vraies chutes survinrent plus tard, à cause de la boue et sans gravité. Si elle est particulièrement glissante, elle a au moins le mérite de n'être généralement pas blessante.
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Petits bobos, mais rien de bien méchant...
Des beaux paysages
Avec l'aspect sportif, c'est l'un des points les plus marquants! En haut de ces fameuses fortifications dessinées par Vauban, les points de vue sur le Doubs, sur Besançon et les collines environnantes sont magnifiques et le jeu en vaut largement la chandelle! L'arrivée sur la citadelle est également un grand moment, et pas uniquement parce que la fin est proche. En faisant le tour des remparts, qui sont pourtant nettement moins hauts que les forts voisins, l'impression de liberté et de domination est magique en surplombant la ville et la rivière qui serpente dans le centre historique. En ce qui me concerne, cette impression fut renforcée par la vitesse que j'avais retrouvée avant le dénouement de l'épreuve. Je volais entre les murs et les barrières intérieures, entre les coureurs et les badauds. Si les trails se déroulent généralement dans de belles régions, celui-ci gardera à coup sûr une place de choix dans mon palmarès lorsque je serai plus expérimenté.
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Quel plaisir de courir dans un tel environnement!
Des bourdes
La première bourde m'a occasionné une belle frayeur! A ce fameux 15e kilomètre, le mur de pierres a failli être ma destination finale de la matinée. L'endroit n'était pourtant pas spécialement dangereux, ni le passage difficile lorsqu'on arrivait en équilibre. Après cet avertissement sans frais, je fus très prudent dans les descentes, perdant de précieuses minutes mais l'important était de terminer la course, et de préférence en un seul morceau.
La deuxième bourde fut d'un tout autre ordre mais m'a énormément pénalisé elle aussi. Arrivé au 2e ravitaillement, même si je suis resté prudent dans les descentes, le moral est au beau fixe. Les conditions sont bonnes, 5 des 7 côtes répertoriées ont été franchies, la mi-course a été dépassé lors d'un "kilomètre vertical" absolument monstrueux - 250 m de dénivelé, soit 25% de moyenne, ça me rappelle le stage de ski hors piste "Pentes fortes", mais dans l'autre sens... Je me mets à rêver à la barre des 5h et au Fortissimo d'Or décerné à ceux qui descendent sous ce palier.
L'autre fait générateur de cette erreur "fatale" est que lorsque j'ai fait le plein d'eau au premier ravitaillement, il m'avait semblé qu'il en restait beaucoup. Pensant qu'une bonne quantité subsistait dans mon camelbak, je ne prends donc la peine de le remplir. Rétrospectivement, c'était un choix particulièrement stupide puisque celà ne m'aurait pris que quelques secondes de le vérifier, alors que cela la panne m'a handicapé pendant une heure environ. Si les conditions ne s'étaient pas dégradées, je serais probablement arrivé au point d'eau en n'ayant souffert que quelques kilomètres, mais c'était sans compter sur la boue qui m'a littéralement scotché au sol, surtout dans les descentes.
Accident du 15e km + inexpérience + boue + déshydratation = un très mauvais cocktail!
La forme retrouvée après le 3e ravitaillement finit de me prouver que ma baisse de régime était due à une mauvaise nutrition plus qu'à la distance parcourue ou le temps écoulé. Mais je n'ai pas vraiment de regret, j'étais là pour apprendre, et c'est en faisant des erreurs qu'on progresse le plus!
Du bazar
Au Marathon, j'étais entouré de plus de 40000 personnes, mais grâce au système de sas, le départ était plutôt fluide.
Ici, nous n'étions que quelques centaines à s'aventurer pour les 47 kilomètres, mais les rétrécissements ne manquèrent pas de causer des ralentissements, voire des bouchons! Mais c'est dans l'esprit du trail et personne ne s'en offusque.
La boue, encore elle, mit son grain de sel au moment où les participants étaient plus éparpillés. Dans certaines ascensions, il y avait des coureurs partout (ou tout du moins des participants, puisqu'il n'était pas imaginable de courir à ces endroits), pour essayer de trouver le meilleur compromis adhérence/pente. A un endroit, un concurrent, ou plutôt un compagnon de galère, m'a même proposé sa main quand il a vu dans quelle posture je me trouvais.
Des barbes
Elles ne méritent pas un gros paragraphe, mais c'est un fait : un grand nombre de participants masculins sont barbus. Je ne dénotai donc pas malgré mon profil "routier"!
De la bagarre
Entre les concurrents, on ne peut pas dire que les batailles soient féroces, l'ambiance est plutôt à l'entraide, excepté sans doute pour la victoire où seule une petite minute a séparé les deux premiers. Derrière, il faut se battre contre soi-même, contre les éléments, contre le chrono qui n'en finit pas de tourner... Mais pour la majorité des participants, la victoire était au bout, le franchissement de la ligne d'arrivée.
Des Bisontin(e)s et des bravos
Contrairement à certaines croyances, ils n'ont aucun rapport avec de vieux Istanbuliotes, et ne doivent pas non plus être confondus avec des bisons teints. Et heureusement, car un troupeau de bisons, teints ou non, qui déboule dans une descente, ça peut entraîner pas mal de dégâts.
Les habitants de Besançon, donc, représentaient forcément une bonne part des participants, mais il y avait également des Normands, parmi ceux avec qui j'ai discuté, et même des Réunionnais!
Sur le parcours et parmi les bénévoles en revanche, on peut supposer qu'il y avait une majorité de locaux, qui jouent un rôle fondamental en encourageant sans relâche les coureurs, du premier au dernier. Certains s'étaient même improvisés juges de figures artistiques en étant placés en bas d'un champ particulièrement boueux où les acrobaties se succédaient. C'était bon enfant dans la plupart des cas, mais j'espère qu'ils n'ont pas assisté à des chutes douloureuses! Pour ma part, j'étais passé tellement peu vite que j'avais réussi à éviter de me retrouver les quatre fers en l'air.
Des branches
Des branches dans la forêt, cela n'a rien d'une découverte extraordinaire, mais je dois remercier leur présence, qui m'a permis de progresser tant bien que mal dans la boue, même si elles m'occasionnèrent quelques écorchures en guise de paiements en nature.
Des bêtes
Je ne savais pas au moment de prendre le départ... Mais la citadelle abrite un zoo, relativement modeste en termes de taille et de nombres d'animaux, mais pas les moins courants dans nos contrées!
Le parcours passait ainsi entre les enclos, mais pour être honnête, je suis passé trop vite à la fin pour y faire attention!
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Belles bêtes à Besançon!
Des bananes
Il y en avait à tous les ravitaillements, mais c'est une bénévole du troisième et dernier stop qui les a rendues célèbres, en clamant à qui voulait l'entendre qu'elles étaient bonnes contre les crampes. Même si je souffrais d'autres maux, je fis honneur à son discours, d'autant qu'elle était fort sympathique et que j'ai eu le temps de discuter en prenant très au sérieux cette pause, m'arrêtant pas moins de 7 minutes!
Du bronze
J'ai déjà évoqué le Fortissimo d'Or, que j'ai cru pouvoir approcher à un moment de la course. Lors de l'apparition de la boue et de ma baisse de forme, l'objectif a disparu aussi vite qu'il était venu, et l'Argent (moins de 5h45), n'a pas subsisté longtemps tellement mon ralentissement a été soudain et drastique. Plus tard, j'ai même cru que le Bronze (moins de 6h30) serait inaccessible, avant que ne revienne un terrain à ma convenance qui me permit de terminer avec une bonne marge. Ma chérie, elle, a raté le sien de quelques secondes, mais l'aurait eu largement si les paliers avaient été distincts par sexe. Mais l'objectif était ailleurs, c'était de prendre du plaisir, et il a été largement atteint, avec en plus un temps dépassement largement nos estimations malgré ces quelques secondes de trop.
Des bisous
Avant le départ, le speaker a promis des bisous à tous les arrivants... Je ne sais pas si la pluie l'a fait changé d'avis, mais je ne l'ai pas vu! Qu'à cela ne tienne, je préférais des bisous plus personnels...
Des bourrasques
S'il a probablement soufflé pendant la course, je ne l'ai que très peu ressenti, à l'exception d'un passage sur un plateau vers la mi-course. En revanche, nous avons retardé notre départ du hangar d'arrivée lorsqu'une véritable tempête se déclencha, dévastant une partie de la zone d'arrivée, mettant à terre des barrières et autres marabouts, heureusement sans faire de blessés a priori. Les coureurs, eux, tenaient le cap, continuant d'arriver au compte-gouttes. Le dernier classé, en un peu plus de 8h, était d'ailleurs au-delà de la limite théorique, mais les organisateurs ont sans doute fait preuve de flexibilité au regard de la météo plutôt changeante...
(Un coup de) barre et des barres énergétiques
J'ai déjà suffisamment insisté sur le coup de barre, mais heureusement me restait-il dans mon sac une barre énergétique embarquée lors du premier ravitaillement, qui m'aida tant bien que mal à tenir jusqu'à la dernière station-service, tout en me donnant soif...
Des bois et de la boue
Forêt et boue ne vont pas forcément de paire lorsqu'il pleut, mais en l'occurrence, ils étaient en parfaite harmonie. Je ne vais pas répéter tout ce que j'ai dit plus haut à propos de la gadoue, mais évoquer deux anecdotes :
- pour les connaisseurs de Formule 1 ou quiconque ayant roulé dans des conditions glissantes avec peu d'adhérence, j'avais l'impression d'être avec des pneus slicks sur une piste détrempée par un orage avec mes baskets de route lisses
- au km 40, je passe en 5h15 précisément. Au km 41, ma montre indique déjà 5h30... J'ai pourtant retrouvé la forme! Un rapide calcul m'amène à 7h au bout des 47 km! Heureusement, la fin sera beaucoup plus rapide!
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Avant tout beaucoup de bonheur à Besançon!
Si la boue a joué un grand rôle dans ma course, ce que je retiendrai, c'est une ambiance formidable, un parcours somptueux et un côté sportif que j'ai adorés! S'il me faudra bien sûr plus d'entraînements, j'aspire donc dans les années à venir à augmenter progressivement les distances pour arriver aux ultras. Car malgré les 6h de course, j'ai terminé assez peu usé mentalement et comme j'ai commencé : fortissimo!
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Après les blogs, je me suis attaqué à une tâche plus ambitieuse, l'écriture d'un roman intitulé D'Îles en Elles!
Mes efforts sont récompensés puisqu'à partir du 12 septembre 2015, vous pourrez voir ce que cache ce fil rouge! Pour dénouer les liens de mes aventures parfois rocambolesques, il suffit de cliquer sur celui-ci... Et peut-être pourrez-vous lire quelques lignes à propos d'Enfants du Mékong...
Si mon blog mon plaît, je vous propose donc de découvrir mes premières pages de fiction!
"Avide d'aventures, Franck, 30 ans, veut prendre sa vie en main et y mettre de l'action. Et il va être servi.
Dans des contrées plus ou moins lointaines, de la Réunion à Paris en faisant un petit tour par Lyon, avant que l'histoire ne nous emmène dans ce pays si mystérieux qu'est l'Islande...
Il ne va pas être au bout de ses surprises, et va se retrouver pourchassé par d'énigmatiques bandits.
Dans ce tourbillon infernal, s'en sortira-t-il et parviendra-t-il à son but?"
Franck ZEUD
PS Si vous souhaitez une dédicace, je vous invite à laisser un commentaire ici afin que je puisse l'intégrer!
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