Islande - Snaefellsnes
Montagneuse en son centre comme la majorité des péninsules islandaises, Snaefellsnes est composée en grande partie de belles plages et de sommets encore enneigés. La cerise sur le gâteau est située à l'extrémité, ou resplendit un glacier-volcan d'une circularité presque pure, nommé poétiquement Snafellsjökull (jökull signifiant glacier). Souvent caché dans la brume, il s'offre à nous magiquement depuis la veille du haut de ses 1448 mètres, grâce au grand ciel bleu dont nous profitons depuis notre arrivée. De par sa forme et sa prestance, il est parfois considéré comme un des chakras de la Terre au même titre que le célèbre mont Fuji, auquel sa calotte glaciaire peut d'ailleurs faire penser. Jules Verne l'a également choisi comme point de départ de son Voyage au centre de la Terre.
Avant de parcourir la péninsule proprement dite, nous nous arrêtons à Borgarnes pour voir deux petites expositions, nous permettant ainsi de mieux comprendre l'histoire du peuple islandais. La première concerne la colonisation, intervenue autour de l'an 900. Quelque 30 000 vikings venus de Norvège occupaient l'île lors de la création du parlement (Alþing) à Þingvellir en 930. Ceux-ci ne se sont d'ailleurs pas arrêtés là et ont découvert ensuite le Groënland, sans doute nommé ainsi (le pays vert) pour attirer du monde, ainsi que le nord-ouest de l'Amérique du Nord, où une aventurière donnera même naissance au premier Américain d'origine européenne.
La deuxième exposition relatait une des plus célèbres sagas islandaises, l'histoire d'Egill (prononcé eyitl). Ecrites au XIIIe siècle et narrant la vie de héros ayant vécu 300 ans plus tôt, elles sont inévitablement constituées de légendes, mais tout laisse à penser qu'il reste une part de réalité. La saga d'Egill, par ailleurs poète et philosophe à ses heures perdues, nous montre surtout un héros sanguinaire, dont la carrière a commencé à 6 ans lors d'une banale querelle avec un camarade qui a terminé en bain de sang... Mais quand on considère qu'Odin était à la fois le dieu de la guerre, de la poésie et de la sagesse, il n'est finalement guère étonnant que de telles pratiques soient courantes chez les héros vikings.
Nous nous posons finalement à Langaholt dans un camping d'une simplicité extrême. Ce sera une des seules fois où nous aurons à nous servir de notre réchaud, la grande majorité des campings étant pourvus d'une salle commune avec cuisine. L'avantage principal, outre le prix modique, est la proximité immédiate d'une superbe plage, parfaite pour une petite balade digestive pendant laquelle je pus apercevoir un phoque. L'endroit est d'ailleurs réputé pour accueillir une grande quantité de mammifères marins, mais nous n'aurons pas la chance d'en voir d'autres le lendemain matin.
A court de provisions, nous voulons ensuite traverser la presqu'île en passant par le volcan. Une famille de Français rencontrés dans une grotte nous apprend que la route est fermée plus haut à cause de la neige, mais le détour nous offre une vue splendide sur la côte sud de la péninsule, à défaut de remplir nos estomacs. Nous en serons quitte pour faire le tour du volcan par l'ouest, pouvant ainsi l'admirer par tous les côtés, depuis Londrongar* au sud et ses grandioses falaises près desquelles un troll a élu résidence comme depuis la côte à l'extrémité ouest.
C'est à ce moment que les nuages viennent boucher notre horizon pour la première fois. Les paysages restent superbes, mais nous choisirons de quitter la presqu'île le lendemain matin.
Mais avant de quitter définitivement la région, nous nous arrêtons plus au nord à Stykkisholmur, charmant petit port duquel nous avons une très jolie vue. L'église qui surplombe la ville est assez spectaculaire - belle ou non je vous laisse seuls juges - et contraste avec les petites églises colorées en bois que nous pouvons trouver un peu partout dans le pays.
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, cliquez ici pour aimer ma page : François DUEZ - Créateur de liberté
/image%2F0040565%2F20150913%2Fob_2904e4_dsc06855-1024x683.jpg)