Triath'Long de Royan
Pourquoi étions-nous au triathlon de Royan? Il y a plusieurs raisons. Les premières sont assez logiques : la proximité de Royan et la présence en masse des membres du club de La Rochelle sont des facteurs primordiaux. L'autre raison est beaucoup plus originale. A l'origine, je cherchais à faire un IronMan (Embrun pour ne pas le nommer), et ma chérie Véronique cherchait des "M" (distance olympique). Après ma spectaculaire chute de fin décembre qui me laissa avec une omoplate fracturée, je décidai d'être raisonnable et de reporter mon projet. A l'inverse, nous ne trouvâmes pas de triathlon M dans le calendrier dont la date et le lieu nous conviennent. C'est ainsi que Véronique se lança un véritable défi en s'inscrivant, tandis que c'était un bon compromis pour moi. Et même si j'ai déjà parcouru les mêmes distances et avec plus de dénivelés à Gérardmer il y a deux ans quasiment jour pour jour, cela restait un challenge pour moi.
Pour être honnête, j'ai pris ce challenge un peu à la légère. Si j'ai augmenté sensiblement les distances d'entraînement à vélo, ma préparation à pied ne fut pas à la hauteur, et celle en natation presque inexistante. Il faut dire que l'objectif ici était de me faire plaisir et de gagner en expérience. Mon véritable but, c'est toujours l'Embrunman. Et le temps réalisé à Gérardmer était quasiment sûr d'être battu avec un parcours nettement plus roulant.
Au niveau logistique, ma préparation n'a jamais été aussi bonne. J'ai de la nourriture facile à manger sur le vélo, mis un peu de vaseline pour éviter les irritations avec la combinaison et pour pouvoir l'enlever plus facilement. Il y a deux aspects pour lesquels j'ai fait l'impasse et qu'un véritable triathlète ne saurait négliger. Je n'ai toujours pas de porte-dossard. Et je ne sais pas monter efficacement sur mon vélo avec les pédales déjà accrochées. Concernant le porte-dossard, c'est plutôt un choix, car le fait de courir avec un T-shirt me permet de courir au couleurs d'Enfants du Mékong, comme lors de toutes mes courses. Pour les pédales, c'est une question de matériel, mes chaussures ne sont pas adaptées, et je ne suis pas prêt à investir, surtout pour gagner quelques secondes sur une course longue distance.
Je passe sur l'installation du vélo et des affaires dans le parc fermé, ce qui ne présente pas beaucoup d'intérêt, pour arriver directement sur la ligne de départ. Je suis devant, sur la droite pour passer près des bouées et ainsi parcourir le moins de chemin possible. Véronique est dans l'enclos réservés aux féminines.
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, vous pouvez me retrouver sur ma page : François DUEZ - Créateur de liberté
Le début de la natation se passe très bien. J'expérimente le dolphining, qui consiste à plonger plusieurs fois tant que le niveau de l'eau est suffisamment bas, économisant ainsi des forces qui seront bien utiles plus tard. Je suis le peloton, rattrapant même régulièrement d'autres concurrents. En arrivant à la bouée du bout du parcours, je trouve que ça passe vite... avant de me rendre compte qu'il en restait une quelques centaines de mètres plus loin. Au lieu d'être quasiment à la moitié comme je le pensais, je dois être à peine au tiers. Je ne sais pas si c'est le mental qui m'a fait alors défaut, mais à partir de ce moment-là, je ne cesse de me faire doubler. Le temps pour atteindre cette dernière bouée me semble interminable. Le retour est du même acabit. J'en viens à me demander comment je vais faire pour parcourir le double de la distance lors de l'IronMan. A la fin, je continue à me faire doubler, signe que je ne vais pas très vite, mais aussi preuve qu'il reste du monde derrière. En sortant de l'eau, j'ai l'impression que j'ai nagé pendant une heure. Heureusement, un coup d'oeil à ma montre me rassure un peu. Quarante-six minutes vingt secondes. Ce n'est pas rapide, mais pas pire que mon temps de Gérardmer. La différence est que cette fois, et pour la première fois d'ailleurs, j'ai tout effectué en crawl. C'est au moins une satisfaction, si maigre soit-elle. Mais mon ambition de me concentrer principalement sur le vélo n'est pas complètement réaliste. Je vais devoir progresser en natation pour descendre au moins en-dessous des 1h30 sur 3,8 km.
De retour près de mon vélo, la transition s'avère catastrophique. Comme attendu, il ne reste quasiment plus aucun vélo dans le parc, et je note sans surprise que Véronique a déjà pris le sien. Après avoir enlevé la combinaison assez difficilement, je galère pour mettre mon T-shirt. C'est pourtant une opération simple s'il en est. Et en partant, sans avoir oublié de mettre mon casque avant de déplacer le vélo, je me fais rappeler à l'ordre par un officiel. Mon dossard s'est décroché d'un côté. Il paraît tout désolé en me disant qu'il ne peut rien faire, l'aide extérieure étant formellement interdite. Je dois donc enlever le casque, le T-shirt, remettre les épingles, puis le T-shirt et enfin le casque. Pendant ce temps, le speaker, sans forcément parler de moi, compare les transitions ultra-rapides des pros à celles des amateurs, qui prennent plus leur temps. C'était un euphémisme dans mon cas.
Sur le vélo, après avoir encore perdu un peu de temps en accrochant mes chaussures sur mes pédales (encore une opération que je maîtrise pourtant parfaitement), je pars tambour battant. Peut-être trop d'ailleurs. Plus de 35 km/h (valeur qui fera certainement sourire certains), et je dépasse rapidement plusieurs concurrents. Sur le plat et avec un vent favorable, je ne force pourtant pas. Quand arrive les premières bosses, je suis les conseils de Captain OJ, et je passe sur le petit plateau. Avec plus de fréquence, je rattrape sans mal d'autres cyclistes qui ont été un peu plus rapides que moi dans l'eau. Et je relance en arrivant en haut des descentes, en prenant un minimum de risques toutefois dans les virages en dévers. Logiquement, ma vitesse moyenne a baissé avec les montées, et cela ne va pas s'arranger au retour avec le vent défavorable, même s'il ne souffle pas très fort. Au kilomètre 20, je croise Véronique. L'aller faisant 23 km, le calcul n'est pas sorcier pour savoir qu'elle a six kilomètres d'avance. J'ai vraiment été très lent sur la partie natation plus transition. L'envie d'une pause technique l'emporte sur celui de la rattraper, et je m'arrête à mi-boucle, précisément au même endroit qu'à la reconnaissance du parcours effectuée un mois plus tôt. Le fait de croiser tout le monde me confirme ce que je pensais. Je dois être le dernier du club. Mais je ne nourris aucun complexe, d'autant que je sais que j'ai largement le temps de me rattraper. Au retour, je ralentis comme prévu, mais je continue à doubler, et principalement dans les montées. Malgré tout, je sens déjà que les sensations sont moyennes.
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Véronique au début de son deuxième tour...
Et je passe juste après (fin du premier tour de dos)
Le deuxième tour est une copie presque conforme du premier. Je continue à ralentir, à doubler et avoir les jambes de plus en plus lourdes. Je rattrape Véronique petit à petit également, mais sans la voir devant moi. L'objectif des trois heures s'éloigne de plus en plus. Si j'ai parcouru la première boucle en 1h30 pile, je me rends vite compte que la deuxième va être moins rapide. A quelques kilomètres de la fin, ma vitesse moyenne passe même sous les 30 km/h. Avec des sensations telles, je me dis que le temps espéré de 5h30 au total ne sera pas réalisable et pense à courir la quasi-intégralité du semi-marathon avec Véronique. Je la rattrape d'ailleurs précisément au moment de poser nos vélos. Avec cette fois une meilleure transition, je ressors légèrement devant, et je songe à l'attendre. Mais les sensations sont meilleures en courant et l'esprit de compétition reprend le dessus. Je pars toutefois prudemment, contrairement à ce que j'avais fait à Gérardmer, avant d'accélérer un peu. Je me prends à espérer, sinon d'atteindre les 1h30, d'au moins les approcher. Mais c'était sans compter sur les incessantes coupures de rythme. Entre les ravitaillements où il est quasiment obligatoire de marcher (et je n'imagine même pas faire l'impasse avec le soleil bien présent), les côtes et les passages dans le sable, la vitesse moyenne ne fait que baisser, comme pendant la partie cycliste. Et comme précédemment, je continue à doubler et doubler. Seuls quelques concurrents étant déjà dans leur deuxième tour, et ayant donc une avance substantielle, me prennent de vitesse. Si je cours avant tout pour moi et pas pour le classement (que j'ignore d'ailleurs au moment où j'écris ces lignes), je trouve cela rassurant d'être plus rapide que les autres même en ralentissant continuellement. Oubliant rapidement l'objectif des 1h30, j'espère au moins faire moins de 1h45, le temps que j'avais fait à Gérardmer. Mais même ça, ce ne sera pas possible. Je me dis un temps que je ferais au moins en-dessous des six heures au total. Avant de me rappeler les conseils, et de concentrer sur le moment présent. Après tout, peu importe si je fais 5h55 ou 6h10. Je continue donc à avancer, sur un rythme baissant imperceptiblement mais sûrement au fil des kilomètres, sans que je sois pourtant à l'agonie. Mes jambes vont relativement bien, mais refusent d'accélérer. A chaque fois que je croise Véronique, je note qu'elle perd beaucoup de temps, mais surtout qu'elle n'a pas l'air bien, ce qui m'attriste. Elle s'accroche quand même et je ne la vois jamais marcher. Je me dis que j'ai bien fait de ne pas courir avec elle, non pas parce que j'aurais fait un moins bon chrono, mais car j'aurais loupé mon train... A la fin de ma course, c'est déjà la seule chose qui m'importe concernant le timing. Il faut que j'arrive à temps pour récupérer la clé de la voiture, sortir mon vélo du parc, le mettre dans ladite voiture et, idéalement, prendre une douche ou faire un tour dans l'eau. Cette dernière mission sera ratée, mais mes voisins de train semblent s'accommoder de mon odeur assez facilement. Le plus important, c'est que j'ai réussi à voir Véronique arriver juste avant de devoir partir. Complètement épuisée, mais à jamais finisher. Et je suis plus fier d'elle que de ma propre course.
Les derniers mètres sont les meilleurs moments. Donnant tout ce qui me reste, je sprinte et parcours les deux cents derniers mètres dans un temps qui ferait pâlir Usain Bolt (bon d'accord, c'est prétentieux... disons Justin Gatlin), porté par la foule présente aux abords de l'arrivée, entre mes collègues du club et d'autres anonymes mais qui m'encouragent grâce à mon prénom inscrit sur le dossard. Complètement transcendé, j'accélère encore et encore et exhorte le public à donner de la voix, et passe la ligne sous les applaudissements et les félicitations du speaker.
Six d'heures d'effort pour quelques secondes de bonheur, c'est ça aussi le triathlon!
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Après les blogs, je me suis attaqué à une tâche plus ambitieuse, l'écriture d'un roman intitulé D'Îles en Elles!
Mes efforts sont récompensés puisque depuis 12 septembre 2015, vous pourrez voir ce que cache ce fil rouge! Pour dénouer les liens de mes aventures parfois rocambolesques, il suffit de cliquer sur celui-ci... Et peut-être pourrez-vous lire quelques lignes à propos d'Enfants du Mékong...
Si mon blog mon plaît, je vous propose donc de découvrir mes premières pages de fiction!
"Avide d'aventures, Franck, 30 ans, veut prendre sa vie en main et y mettre de l'action. Et il va être servi.
Dans des contrées plus ou moins lointaines, de la Réunion à Paris en faisant un petit tour par Lyon, avant que l'histoire ne nous emmène dans ce pays si mystérieux qu'est l'Islande...
Il ne va pas être au bout de ses surprises, et va se retrouver pourchassé par d'énigmatiques bandits.
Dans ce tourbillon infernal, s'en sortira-t-il et parviendra-t-il à son but?"
Franck ZEUD
PS Si vous souhaitez une dédicace, je vous invite à laisser un commentaire ici afin que je puisse l'intégrer!
