Voyage Tanzanie - UCPA "Les Réserves du Kilimandjaro" (9/11)
L’ascension du Kilimandjaro ! (2ème partie)
Le matin du 3e jour, cette fois je ne ratai pas l’occasion de me lever avant 6h15, et braver le froid fut récompensé par la vue du soleil semblant sortir des nuages et relayant la pleine lune pour éclairer le sommet du Kili au-dessus de nos tentes.
A 8h15, après avoir souhaité un joyeux anniversaire à Isabelle, nous débutâmes cette antépénultième étape, la dernière avant celle sommet, et donc toujours pole pole, le manque d’oxygène commençant à se faire sentir. Cela ne nous empêcha pas d’effectuer quelques nouvelles photos acrobatiques, à 4500m devant le Mawenzi cette fois, mais la majeure partie du groupe fut raisonnable et nous laissa faire nos sauts à deux. Le reste de la montée matinale fut sans histoire, avec des paysages de plus en plus désertiques et somptueux.
Le rythme des 24 heures suivantes fut des plus originaux et des plus perturbants. Ça commence par le déjeuner vers 13h (jusque-là, tout va bien !), puis une sieste prévue jusque 17h. Certains trouveront ça normal, pour ma part j’ai dû arrêter de dormir l’après-midi depuis environ 25 ans… Heureusement je pus trouver quelques partenaires de tarot (pour ce qui resteront probablement nos seules parties à 4700m d’altitude), avant de partir seul m’acclimater en montant vers 5000m, où subsistent quelques centimètres cubes de neige (vraiment symboliques), et où j’effectuai la sieste à ma façon, en écoutant de la musique adossé aux rochers. La descente, effectuée pole pole dans le sable volcanique, fut sans conteste mon meilleur moment solitaire du séjour (il est vrai que ceux-ci furent rares !), emmené par Sweep Me Away dans les oreilles et une euphorisante sensation de liberté dans cette immensité magnifique, avec le sommet du Kili dans le dos et le Mawenzi droit devant. En cet instant, le quotidien me semblait vraiment loin, très loin…
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, cliquez ici pour aimer ma page : François DUEZ - Créateur de liberté
A 17h, nous eûmes donc droit au « dîner » et à un briefing concernant l’ultime ascension, la vraie épreuve, avant une nuit aux horaires plus qu’étranges : 18h30-22h30 (certains boulangers se reconnaîtraient peut-être…)
A 23h30, après une dernière collation, nous sommes prêts à partir, avec en tête ceux qui, pour une raison ou une autre, ont le plus de chances de lâcher prise, l’aspect mental étant primordial dans cette partie, la plus physique et de très loin puisque non seulement l’oxygène est de plus en plus rare mais la pente est de plus en plus raide. Les premières minutes s’effectuent donc vraiment pole pole, en file indienne et avec pour consigne de ne pas s’arrêter lorsqu’un de nos comparses fait une pause pour boire. Malgré les nombreuses couches que nous portons, nous mettons du temps à nous réchauffer (tout du moins dans mon cas), et j’accueille avec soulagement la petite célébration de l’anniversaire d’Audrey (le jour du sommet, elle a bien choisi !) qui brûle quelques calories de plus… Pendant le reste de la montée, même s’il ne faisait pas excessivement froid, je fis bien attention à bien bouger mes orteils et mes doigts, les extrémités étant plus susceptibles de s’engourdir.
A 1h15, la première pause collective est la bienvenue. A ce moment-là, je suis très confiant, n’étant absolument pas atteint par le mal des montagnes et me sentant très bien physiquement. Malheureusement, nous venions de perdre Cécile qui s’était arrêtée un peu plus tôt, et nous apprendrons plus tard qu’elle est redescendue. En étant malade depuis le premier jour de l’ascension, quasiment sans traitement et déjà à bout de forces avant de commencer cette dernière grimpette, l’issue était prévisible voire logique ! A l’avant, une hausse du rythme, relative mais tout de même sensible, a le double effet de provoquer un réchauffement mais également de contribuer à une séparation progressive du groupe en deux, avec quatre décrochés. La montée est de plus en plus difficile mais nous montons régulièrement, en rapprochant les pauses et en s’encourageant mutuellement. Pour corser le tout, je ne peux plus boire en marchant, l’embout de mon camelbak étant gelé (j’ai pourtant bien pensé à vider le tuyau à chaque fois !), de même que mes pâtes de fruit énergisantes que je ne peux donc pas manger rapidement pendant les pauses. C’est ainsi que je me suis rendu compte qu’essayer de manger pouvait être un effort très violent, ne parvenant pas à le faire tout en continuant à marcher, le souffle venant à manquer ! Entre 5400m et 5500m, les premières vraies souffrances apparaissent, et quasiment simultanément, Christophe fait un petit malaise, Isabelle manque d’avoir les mains gelées mais est sauvée par un guide qui lui procure de nouveaux gants, tandis que Laurent protège ses pieds en découpant sa couverture de survie… Les premiers symptômes du mal des montagnes germent également en moi, je commence à avoir le souffle court (comme à l’arrivée d’un 1500m à fond mais sans récupérer lors des pauses…), à me sentir légèrement nauséeux et à grelotter, bien que n’ayant pas vraiment froid… A ce moment-là, et même s’il ne m’est jamais venu à l’esprit de m’arrêter, j’ai un regain de motivation en pensant à Cécile qui a souffert depuis 3 jours mais a résisté pendant quelque 15h cumulées de montée… (Aussi étonnant que cela puisse paraître, je t’assure que c’est vrai !). J’ignorais encore que les quatre du 2e groupe avaient également rendu les armes ou étaient sur le point de le faire… Si les supplices physiques ne s’atténuent pas, le moral remonte lorsque nous levons la tête, apercevant Gilman’s Point (5681m d’altitude et surtout l’arrivée sur la crête) qui se rapproche petit à petit. Mes derniers mots audibles seront d’ailleurs pour le signaler, autant pour les autres que pour moi-même ! Arrivés enfin en haut du cratère, nous nous congratulons, entre nous et avec les guides, à coups de grandes accolades et de high fives ou autres Good job, peace and love… Il reste environ 1h30 de marche et 200m de dénivelés, autant dire que le plus dur est fait ! Enfin c’est ce que je croyais, pour moi (comme pour d’autres) le calvaire ne faisait que commencer, et même si le terrain était de plus en plus plat, j’avais de plus en plus de mal à avancer et je m’endormais debout (tout du moins debout à la mode australopithèque…), et je serais sans doute tombé plusieurs fois si Audrey ne m’avait pas prêté un bâton de marche (merci pour le cadeau d’anniversaire « inversé »!).
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, cliquez ici pour aimer ma page : François DUEZ - Créateur de liberté
Arrivé à Stella point, le 2e repère, je prends un petit coup au moral en voyant l’altitude, 5739m ; nous n’avons donc fait qu’un quart du reste du dénivelé depuis Gilman’s point… Pour autant, je n’imagine pas faire demi-tour et n’ai aucune inquiétude sur mes possibilités d’arriver en haut ; en revanche, je crains pour la descente dans mon état de fatigue et d’épuisement, ce qui est d’ailleurs une raison de plus pour continuer à monter ! Je fais part de mon appréhension à Frank, qui m’assure qu’après être arrivé en haut, on parvient toujours à redescendre. Bien qu’un peu sceptique, je me fie tout de même à son expérience (et à la logique, si tous ceux qui avaient eu du mal en fin de montée étaient restés en haut, ce serait surpeuplé !!!). Après une énième pause, affalé à côté de mon sac, j’accepte sans hésitation la proposition de Frank de m’en délester (je lui aurais d’ailleurs demandé dans tous les cas tellement j’étais mal), et de m’aider à marcher pour les derniers hectomètres. Devant, Christophe, soutenu par "son" guide qui lui a fait prendre un petit raccourci si j’ai bien compris (mais ma lucidité laissait à désirer), arrive le premier, dans un état de décomposition encore plus avancé que le mien (j’ai eu du mal à croire que c’était possible sur le moment !). Peu après, nous arrivons presque tous ensemble, les deux filles rescapées étant les plus fraîches (voire trop fraîche pour Isabelle, congelée !), nous autres soit malades, soit épuisés physiquement. Une sorte de miracle se toutefois pour moi en apercevant le panneau vert du sommet, avec une poussée d’adrénaline extraordinaire qui m’a redonné des forces insoupçonnées ; lâchant le bras de Frank et rendant son bâton à Audrey, je deviens euphorique, avec même une envie de courir pour ces dernières dizaines de mètres… Ne voulant pas faire montre d’un esprit de compétition qui aurait été déplacé en l’occurrence (surtout après avoir bénéficié de l’assistance de Frank) et préférant rester avec le groupe, je m’abstiens et nous arrivons quasiment tous unis pour toucher l’enseigne attestant que nous avons atteint notre but !
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, cliquez ici pour aimer ma page : François DUEZ - Créateur de liberté
Il est alors 6h22, l’heure qui restera écrite à jamais sur nos diplômes ! Seul Laurent arrive quelques minutes plus tard, dans un état de fatigue extrême, se demandant ce qu’il fait là et pourquoi il a continué, ne parvenant même pas à trouver la force de nous rejoindre sur la photo de groupe (j’espère que depuis tu réalises mieux la portée de l’exploit et que tu es satisfait de l’avoir réalisé) !
Entre les félicitations et les photos, nous assistons à un spectacle de lumière fabuleux, le lever du soleil nous ayant attendu (à moins que nous ayons inconsciemment calé notre rythme pour arriver à cette heure précise) ; entre la satisfaction absolue d’être parvenu jusque-là et la beauté du paysage à 360° autour de nous, le moment est intense, même si j’aurais préféré retrouver mon souffle (mais il me fallut encore attendre, et pendant 2h30 environ je n’ai pas réussi à respirer normalement…) pour qu’il soit parfait ! Dans un instant, il nous faudra déjà redescendre…
Je partage désormais mes aventures sur Facebook, cliquez ici pour aimer ma page : François DUEZ - Créateur de liberté

Après les blogs, je me suis attaqué à une tâche plus ambitieuse, l'écriture d'un roman intitulé D'Îles en Elles!
Mes efforts sont récompensés puisqu'à partir du 12 septembre 2015, vous pourrez voir ce que cache ce fil rouge! Pour dénouer les liens de mes aventures parfois rocambolesques, il suffit de cliquer sur celui-ci.
Si mon blog mon plaît, je vous propose donc de découvrir mes premières pages de fiction!
"Avide d'aventures, Franck, 30 ans, veut prendre sa vie en main et y mettre de l'action. Et il va être servi.
Dans des contrées plus ou moins lointaines, de la Réunion à Paris en faisant un petit tour par Lyon, avant que l'histoire ne nous emmène dans ce pays si mystérieux qu'est l'Islande...
Il ne va pas être au bout de ses surprises, et va se retrouver pourchassé par d'énigmatiques bandits.
Dans ce tourbillon infernal, s'en sortira-t-il et parviendra-t-il à son but?"
Franck ZEUD
PS Si vous souhaitez une dédicace, je vous invite à laisser un commentaire ici afin que je puisse l'intégrer!
